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18 novembre, 2008

Ou la petite fabrique d’écriture. Je vous invite non pas à découvrir ce lieu mais « Lucy », le texte qui traite du thème de « L’aube de l’humanité ». Comme vous me connaissez déjà un peu, vous vous doutez bien que cette aube se trouve fortement épicée de mes sauces préférées. Je vous mets un extrait et vous pouvez lire la suite là : Lucy

EXTRAIT

L’aube naissante réchauffe mon cœur glacé par la vision de la nuit.
Je tremble encore de la puissance de cette révélation pendant que je fends la brume matinale en me dirigeant vers le point d’eau.
Tous mes sens sont en éveil, je renifle l’air et tente de deviner, de percevoir si un grand fauve n’est pas à l’affût dans les broussailles.
Les veilleurs du clan n’ont pas donné de signes mais les prédateurs sont si malins, si silencieux et habiles à se couler dans le décor.
Je me penche et aperçois le reflet, mon image…

Et la vision me revient avec force comme une claque.
Je revois ces êtres étranges, laids et presque dépourvus de poils. Leurs visages troublants qui ressemblent aux nôtres et les sons hideux qui s’écoulent de leurs lèvres et avec lesquels ils communiquent manifestement.
Je revois les morts et le chaos. Les cris et les larmes, si proche de ce que je connais.

Je revois ces créatures qui pénètrent dans des choses monstrueuses qui s’élèvent dans les airs. Ces choses tuent et crachent le feu. Ces choses fauchent les vivants et ceux-ci qui crient et pleurent comme nous. Je ressens une grande compassion pour ces êtres, je me sens à la fois si proche et pourtant si éloignée d’eux. Dans ce monde, il n’y a pas de fauves, pourquoi faire ? Ils se massacrent entre eux et n’ont besoin de personne.

Je pense qu’ils ont brisé le cercle sacré qui les unissait au grand mystère. Il ne font plus partie de ce monde, ils en sont l’ennemi, la maladie.

Je bois longuement comme si cette eau pouvait me libérer du poids de la vision. Rien à faire, les images de violence et de meurtre reviennent en force. Je tremble…
Je revois cette lumière aveuglante, ce point final, effroyable et sans pitié et puis la nuit qui tombe pour toujours sur les restes du monde.

La pire de toutes ces images, c’est celle de la fin, lorsque je vois un de ces êtres qui me regardent droit dans les yeux et sourit. Son visage se transforme lentement comme s’il fondait. Peu à peu, ses traits se rapprochent de faces connues et familières. Peu à peu, il devient moi. Quand c’est mon visage qui me contemple avec ce sourire si cruel, je me réveille !

Vous pouvez participer à cette petite fabrique d’écriture, prenez le temps de lire les règles qui ne sont en fait que des impératifs de mise en page afin de faciliter la gestion des articles.

Amitié
Thierry

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