
Nous ne vieillirons pas ensembles, je te voyais pourtant toujours auprès de moi,
Portant le livre de nos rides à ciel ouvert, nos corps soupirant le poids des ans,
Tandis que nos yeux, où brille la jeunesse, se gavaient des derniers reliefs du temps.
Je lisais tes mains, ton visage et je découvrais des souvenirs, des chagrins, des pays lointains.
Tu lisais mon visage, mes mains et tu découvrais des sourires, des gamins, d´étranges refrains.
Nous évoquions les enfants, les parents, les amis, ceux qui sont déjà partis,
Ceux dont les ombres sont plus vivantes que les tombes,
Ceux pour qui les fleurs effacent les pleurs.
Nous parlions beaucoup d´hier, de vécu et d´intouchable,
Nous parlions beaucoup comme les vagues finissent sur le sable.
Ces mots s´envolaient, reflets arc-en-ciel des bulles de savon,
Semblant nous protéger de celle dont nous taisions le nom.
La chaleur de nos fragiles étreintes laissait vibrer nos coeurs aimants,
Nous souhaitions comme deux chandelles être soufflés par le vent.
Nous ne vieillirons pas ensembles, c´est notre amour qui s´est éteint.
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C’est très,très beau cet amour fait de tant de choses, riche de souvenirs…et pourtant il se défait.
Les chandelles ne sont pas soufflées par le vent, c’est l’amour qui s’éteint.
Quelle sensibilité!
C’est encore très beau, Thierry
Portant le livre de nos rides à ciel ouvert
Si belle phrase, Pourquoi ne peut-on aimer jusqu’ à la fin des fins, je suis triste de ces images qui s’achèvent..
Bonjour Thierry,
Amour qui se dilue dans le temps et disparait comme de l’eau qui s’évapore.
Très beau texte écrit avec ta sensibilité pour définir, cet amour qui s’éteint.
Amicalement.
dédé.
L’humeur désenchantée de ce poème me semble en excuser certaines images, de ces poncifs sur lesquels j’ai d’abord un peu buté, puis qui me sont apparus comme autant d’évidences auxquelles on ne saurait échapper.
Car sans doute, oui, la fin d’une histoire ressemble-t-elle à la fin d’une autre, et les regrets qu’on y exprime à ceux qu’exprimeraient d’autres que nous. Mais la souffrance, elle, reste unique, et quand bien même elle reprend les couleurs d’une autre, quand bien même elle en épouse les ombres et les précipices, la vivre n’en est pas moins une affaire solitaire, une épreuve d’un seul être, que toutes les autres épreuves du monde, si proches soient-elles, ne consoleraient pas d’une larme…
Et de songer à cela me donnait à lire soudain ton poème d’un autre oeil. Non plus de celui qui cherche la pierre rare, l’éclat d’un mot inattendu, la puissance d’un vers sublime, l’emportement d’une image dépeinte avec la singularité de l’artiste, mais autre chose : l’émotion pure du mot juste, l’expression triste d’un sentiment profond, et la simplicité, que n’encombre aucun effet de style, aucune recherche parallèle, comme un témoignage dépouillé de toute pensée parasite. Un soupir à l’état brut, en somme. Et en ce sens, comment n’y pas voir une réussite ?
@ Bifane : Bonjour mon ami et merci encore de ce texte. C’est mon but dans la littérature, ce qui en fera hurler certains, que de générer des images et des sentiments aux lecteurs. Je ne sais dessiner qu’avec les mots et ce que je j’aime plus que tout dans les dessins de mots c’est qu’il laisse la place au lecteur pour y inclure ses propres images, ses propres couleurs et sentiments. Dans ce sens, je trouve que tes textes sont aussi une réussite car ils sont, selon moi, du meme esprit. Amitié
Thierry