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13 mars, 2009

Patrick FortThierry m’a offert un beau cadeau en m’ouvrant les colonnes de son site. Mieux, il m’a ouvert un compte-auteur sur «Esprit de mots» et m’a laissé ainsi les clés de la maison le temps d’un article. C’est un sentiment un peu étrange d’avoir accès à l’administration de cet espace, un peu comme si j’entrais dans le sanctuaire sacré et que j’y circulais sans guide…Mais Thierry est un hôte chaleureux et je me sens presque chez moi en son absence.

Je connais Thierry depuis «Myspace», plateforme sociale sur laquelle j’ai sévi pendant quelques mois et que j’ai quittée pour de multiples raisons qu’il ne m’appartient pas d’évoquer ici.

Alors je vais à l’essentiel.

Lire, écrire et en parler

Une même passion de l’écriture nous unit et nous nous lisons toujours avec une extrême attention. Une même soif de partage guide notre démarche.

Une amitié solide est née entre nous deux. Et elle n’est en rien virtuelle.

Nous croyons fermement, l’un comme l’autre, que la littérature a toujours son mot à dire. Malgré tout.

Si j’écris aujourd’hui, c’est à la demande de Thierry suite à mon commentaire sur son texte «Lassitude». «Tu sais quoi, je vais t’ouvrir un compte d’auteur sur mon blog et tu pourras poster ce beau texte qui me fait un grand plaisir en tant qu’article. Il mérite mieux que la place accordée aux commentaires».

Aussi je m’exécute, fier et un peu intimidé par un tel honneur.

Je ferme la porte du sanctuaire où tant de beaux textes et de magnifiques nouvelles s’écrivent et prennent vie. Je suis heureux d’y avoir voyagé quelques instants. J’hésite même à sortir mon appareil photo pour prendre un cliché de l’écran…

Trêve de bavardage, je vous laisse découvrir mon commentaire intitulé «Écho à ta lassitude» et remercie encore et encore Thierry.

ECHO A TA LASSITUDE

« Bonjour Thierry,
Je viens de découvrir ton article « Lassitude » et j’ai hésité à poster ce commentaire, préférant, dans un premier temps, te l’envoyer par mail. « Tes lecteurs, me disais-je, n’ayant pas besoin de connaître la teneur des propos que, sous couvert de l’amitié, nous échangeons hors blog». Puis j’ai changé d’avis.
Ton article met en lumière une lassitude que nous avons tous ressentie un jour sans l’ombre d’un doute, que nous ressentons aujourd’hui peut-être ou que nous ressentirons demain c’est certain.
Tu écris des vérités essentielles que je vais m’efforcer, à ma modeste mesure, de compléter et de prolonger. Sans l’once d’une certitude et dans un état d’esprit similaire au tien.
En effet, depuis longtemps, je partage ton ras-le-bol, je comprends et ressens les raisons de ta lassitude. Et j’admire ton courage pour nous l’exposer ainsi en la drapant d’une ironie qui n’en dissimule pas moins le sens de tes mots.
Cette lassitude est inhérente à la nature même des blogs qui engendrent frustration, prise de tête, incertitudes dès lors que l’on choisit de s’exposer au regard des autres.
Le tout est de l’accepter, de le vivre sereinement mais de savoir également qu’un blog est source aussi de belles rencontres qui nous permettent d’avancer et de dépasser cette lassitude.
C’est un moyen de communication parmi tant d’autres, un point c’est tout. Il ne faut rien en attendre de particulier et ne pas succomber à des mirages de reconnaissance.
Mon blog me permet de mettre en ligne mes écrits, d’être lu et…commenté.
En nous soumettant ton expérience personnelle, c’est à chacun d’entre nous que tu t’adresses. En évoquant ta lassitude, c’est chacun d’entre nous que tu interpelles.

En partageant les secrets de ton travail d’écrivain, c’est notre pratique d’écrivain que tu interroges.La classification « littérature » d’un blog, quand on écrit et que l’on veut se rattacher à une catgéorie, est une supercherie. Supercherie dans la mesure où elle est devenue un fourre-tout, un bric à brac. Tout et n’importe quoi se côtoie, se superpose et finit par se confondre. Comme toi, j’enrage quand je publie une nouvelle et qu’elle se heurte à une armada déloyale d’articles insipides et que la créativité a abandonné. La nouveauté, un autre questionnement sur la littérature, une autre façon de l’appréhender s’y retrouvent aux abonnés absents. Je prends le risque d’être vaniteux en affirmant que ta démarche, ma démarche, notre démarche est tout autre.
J’évoque à titre d’exemples ces copier/coller insupportables sur le dernier livre à la mode, « cette littérature sans estomac », ces chroniques et critiques littéraires insipides et qui n’apportent rien. Je comprends mieux maintenant ton article « Les 22 des cents »…Ces articles « politiquement correct » n’ont aucune originalité, sont ennuyeux à mourir et me donnent envient de pleurer quand je n’en ris pas.
Pire, celles et ceux qui en inondent la blogosphère trustent les classements du style Wikio, captent la lumière au détriment de celles et ceux qui écrivent, VRAIMENT, et qui demeurent injustement condamnés à survivre dans l’obscurité et à s’en accommoder.
Je crois en la littérature. La vraie. Celle qui ne ressemble à aucune autre et qui ainsi ressemble à la vie, au monde que nos mots forgent et retranscrivent.
Oui, écrire prend du temps.
Oui, écrire exige des recherches pour donner de la crédibilité, de la vie, de la certitude et de l’assurance à nos mots pour mieux dire notre monde.
Oui, écrire se nourrit de ratures, de correction, de nuit courte, de courage, de rage, de  patience, d’obsessions, de rancœurs, de plaisir, de soulagements, de colère, de joies, de pleurs, d’odeurs, de saveurs, de couleurs, d’attitudes, de non-dits, de bien-dits, de sueur, de doutes, de mal-dits, de souffrances, de rage, de nature, de béton…
Mais celles et ceux qui ne savent pas ce qu’est écrire, mais celles et ceux qui ignorent tout ce que l’on y met dedans quand on ressent l’acte d’écrire,  mais celles et ceux qui ne comprendront jamais que, même quand on n’écrit pas, inexplicablement, on écrit quand même, ces « gens-là », cher Thierry, ne chercheront jamais à comprendre les raisons de notre lassitude, de nos découragements et de nos déceptions.

Quand on passe des heures à écrire, est-il anormal de regretter d’être peu lu ?
En guise de réponse, le plupart ne verront dans cette question qu’une pleurnicherie de plus. Un manque de considération que notre ego s’enragerait à dénoncer parce qu’on l’en priverait. Une lamentation démesurée qui découlerait de l’absence de commentaires en égard à la haute valeur que, présomptueux et orgueilleux, nous accorderions à notre œuvre (sourires)…
S’ils savaient pourtant pour quelles raisons véritables nous sommes las…
Écrire part de soi, s’adresse aux autres et revient toujours à soi. Les nuances que l’on accorde à « soi » ou « aux autres » se font en fonction de la personnalité de celles et ceux qui écrivent. Et je ne croirai jamais celles et ceux qui assurent qu’ils n’écrivent que pour eux…
Je vais te faire une confidence Thierry.
Parfois, j’ai l’impression d’être « en marge » parce que j’écris. D’être à côté du vrai monde, de ne pas m’intéresser aux choses essentielles. Une impression difficile à capter par de simples mots. E à livrer toujours maladroitement.
J’en culpabilise même.
Patrick tu passes trop de temps à écrire…tu t’éloignes des gens que tu aimes… tu ne t’intéresses pas assez eux… tu les agace à parler des mots qui divaguent dans les méandres de ton cerveau…pire, tu les ennuies à la longue à évoquer ces nouvelles, ces romans que tu n’écriras jamais peut-être…
Mais en écrivant, j’écris aussi pour eux et pourtant, je leur dis rarement. Sans eux, je n’écrirai pas mais ma pudeur ne me permettra jamais de leur avouer.
Nous aimons partager Thierry et nos efforts sur nos blogs vont dans ce sens.
J’évoque la mise en forme de nos blogs, l’accueil que nous soignons, le confort de lecture que nous améliorons pour mieux recevoir.
J’évoque les commentaires que nous laissons, les encouragements que nous prenons du temps à écrire, les blogs que nous visitons et sur lesquels nous laissons une trace de notre passage.
J’évoque les articles que nous postons sur les autres, même si nous sommes rarement payés en retour. Mais, précision inutile sans aucun doute, nous ne les postons jamais pour cette raison car nous sommes sincères dans notre démarche. Elle n’est jamais une demande déguisée à nous rendre la politesse.
La lassitude survient parce que tu crois que personne n’a conscience de tout ce que tu réalises sur ton magnifique site.
Ce qui est faux.
Écris pour toi Thierry.
Prends ton temps, prends du recul, prends le large.
Aère-toi l’esprit, le cœur et l’envie reviendra.
N’attends rien de particulier et l’inattendu surviendra. Parce que tu n’aurais jamais cru qu’il se manifeste.
Continue à vivre. Toujours. Surtout.
A écrire. Toujours. Surtout.
Creuse ton sillon, trace ta route, construit ton œuvre.
Fidèles, nous serons toujours là à te lire et à te le dire.
Le nombre de commentaires laissés ne révélera jamais la valeur des mots que l’on aligne les uns à la suite des autres pour « raconter des histoires ».
Le nombre de commentaires laissés ne révélera jamais l’essentiel qui restera toujours d’écrire.
Car quand on écrit, on n’est plus jamais seul.
Et tout le reste n’est que littérature.
Amitié.
PAT

Le blog de Patrick FORT : Lire, écrire et en parler

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