L’éveil.
Vous êtes décontracté, relax et l’atmosphère est agréable, presque cotonneuse.
Autour de vous, le rien… Le brouillard.
Vous êtes allongé ? Assis ? Sur une petite plate-forme.
Vous ne ressentez aucun besoin, juste la paix et la certitude. La certitude d’être au bon endroit et au bon moment et cela pour toujours…
Une petit brise vous caresse, une brise d’été, chaude et sensible et le brouillard se lève.
Ça et là, apparaissent de petits points clairs sur lesquels reposent de petites formes de toutes les couleurs.
Vous vous levez et cherchez à mieux distinguer ce dont il s’agit et vous remarquez que les petites formes multicolores se mettent également en mouvement.
Un rire, votre rire résonne comme dans un verre de cristal.
Pour la première fois, un besoin se fait sentir, vous voulez communiquer…
Vous observez votre environnement avec attention. Il n’y a rien sur cette plate-forme, elle est nue et vous êtes le point central, le nombril de ce petit monde.
Vous vous penchez pour voir sous votre univers et là vous découvrez avec horreur des altitudes vertigineuses qui finissent dans une nappe d’un brouillard épais.
Un instant, l’angoisse serre votre gorge, l’angoisse est l’étreinte de la solitude…
La petite brise forcit en un vent soutenu et le ciel d’un bleu presque cruel se dévoile totalement.
Vous voyez maintenant que certaines plate-formes sont plus hautes que la votre et que d’autres, la majorité, sont plus basses. Ceci est réconfortant, pour une raison inconnue de vous, il est bon de savoir que vous vous trouvez sur une plate-forme qui atteint presque le zénith…
Le besoin de communiquer se fait de plus en plus fort et vous étalez autour de vous, vos rêves et vos cauchemars comme on étale son linge.
Le silence qui règne dans ce non-lieu est insupportable mais pour y échapper, il vous suffit de vous retirer dans votre intérieur le plus profond, le plus secret.
Le temps passe de telle manière que vous pensez qu’il a été aboli…
Et puis vous vous endormez…
Et puis vous vous réveillez et vous constatez que vous vous trouvez toujours en cet endroit qui n’est rien. Vous pleurez ?
Ne vous inquiétez pas…
Il est possible que cet état ne dure pas…
Vous vous trouvez juste sur une tour d’ivoire…
Vous êtes on-line… Vous êtes sur Myspace !
Note de l’auteur :
Ce texte n’est pas destiné aux personnes que j’ai rencontré dans cet endroit et qui sont restées des enfants, quelque part au fond d’eux. Ceux-là possèdent toujours le secret merveilleux de la construction des ponts arcs-en-ciel.
Thierry



[...] L’éveil | Le blog de Thierry Benqueywww.tby-liber.com/blogfr/?p=185 par wasicu il y a quelques secondes [...]
texte diaboliquement intelligent et, comme d’habitude superbement écrit. sur le ton de la fable, du conte avec une touche poétique qui donne une note aérienne à ton texte.
tu décryptes bien toute la problématique de myspace et autres réseaux sociaux sans sombrer dans la caricature. Je partage bon nombre de tes points de vue sur ce virtuel trompeur et parfois dangereusement illusoire. Tu l’écris à merveille avec une pointe de nostalgie. La communication y est faussement aisée, la parole se libère de façon surprenante. mais comme dans la vraie vie, seuls certains demeurent au bout de cette ronde pleine d’ivresse. Je suis fier que tu sois l’un de ceux-là. Je suis heureux de cette amitié bien réelle, de ces échanges sereins, vrais, sincères. Rares et qui perdurent.
Au plaisir de te lire. encore et encore.
Amitié.
PAT
@Patrick -
Merci Patrick, je me réjouis également de t’avoir trouvé ainsi que d’autres, des gens vrai dans ce monde virtuel et frelaté. Cette virtualité est d’ailleurs une aubaine, sinon, je le crains, notre nez serait soumis à rude épreuve. Sourire.
Thierry
Bien vu! le temps y est tellement aboli, ou plutôt distendu que quand je m’absente plus de 48h, je reçois parfois des mails pour me demander ce qui se passe, et quand je reviens, on m’écrit “enfin de retour!”. c’est sympa, mais étrange..
@Edouard -
Oui, myspace est étrange comme ce texte. Je connais ce dont tu parles. Je crois bien ne pas aimer cet endroit mais j’aime bien certaines personnes que j’y ai recontré et dont tu fais partie.
Amitié
Thierry
Bonjour Thierry,
En lisant ce texte magnifique, j’ai ressenti une sensation de lévitation qui se passerait dans le cosmos, où, à tous moments, la chute est possible.
Je ne connais pas assez Myspace pour en donner mon avis, mais dans ce monde virtuel, naissent parfois de véritables amitiés.
Ecriture très subtile de la part de l’auteur.
Amitié.
dédé.
@dédé -
Myspace c’est comme un marais, la beauté des lieux est séduisante, si tu restes dans le bon chemin la promenade y est agréable mais il y a aussi des sables mouvants…
C’est aussi et c’est ce qui me dérange un haut lieu du nombrilisme exacerbé…
D’où les tours d’ivoire de mon texte.
Amitié
Thierry bientot en vacances…
Il est terriblement beau ce monde perché dans les hauteurs.Mais il donne le vertige et c’est angoissant de se sentir dans cette tour d’ivoire.Inhumain au possible, dans la solitude et la non-communication!
Pour me rattraper, je vais sur myspace!Illusion?Sans doute! Des liens se lient, se délient.On s’attache puis l’absence se fait durement sentir! Comme dans la vie finalement!Mais il vaut mieux sans doute avoir un petit peu que rien du tout.
Il suffit simplement d’être lucide
Merci Thierry pour ta jolie et poétique façon de raconter de dures vérités.
Suivant le coté d’où l’on regarde les visions sont différentes. La vérité n’est pas Une.
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