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12 novembre, 2008

Stephanie Gaou–Bernard

Ainsi commence la série Guest qui est destinée à vous alimenter de cet élixir indispensable à la vie que sont les mots. Ceux de Stéphanie n’auront pas le même goût que les miens et pour cause, elle se nourrit des mots de Tanger pour son écriture alors que je me nourris de ceux de Berlin. Une plume à découvrir et à suivre. Amitié. Thierry.

 

Stéphanie Gaou-Bernard

J’ai 34 ans, j’aime « écrire et lire comme respirer », d’après tous ceux qui me connaissent. Passionnée par les voyages de toutes sortes – géographiques, historiques, familiaux, humains, intérieurs -, j’ai toujours eu la curiosité des autres. Les observer, disséquer leur mode de pensée m’a aidée à mieux me comprendre et parler de moi. Mes textes parlent de failles dans les rapports avec les autres, de solitude et d’exil, de manque sexuel, de cet être illusoire qu’on est parfois prêt à attendre toute sa vie et qui, bien sûr, ne vient pas. Des déceptions qui s’accumulent dans une vie.

Je vis et travaille depuis 5 ans à Tanger. Mon statut d’étrangère m’a permis d’acquérir une acuité et une humanité dont j’étais dépourvue lorsque je vivais en France. J’ai gagné le prix de la nouvelle pour la ville de Tanger à l’occasion du concours Lire en Fête en partenariat avec l’Ambassade de France au Maroc. Qui je l’espère sera éditée bientôt dans un recueil d’autres nouvelles chez l’Harmattan.

Je remercie Thierry et internet pour cette occasion qui m’est donnée d’être lue par les mêmes amoureux des « voyages » que moi.

LES INNOCENTS

Ce sont des innocents
Aux mains tachées de haine.
Leurs langues au goût de fiel,
Qui claquent dans la nuit,
Lessivent leur détresse,
Tels des rêves détersifs.

Ces gens sont innocents,
Laissez-moi vous convaincre.
Qu’aujourd’hui, sous le joug,
Ereintés, ils se taisent.
Mais, qu’en sera-t-il d’eux,
Demain ?

Ce sont des innocents,
Rouges obscurs de querelles,
Ils attendent leur vengeance
En verrouillant leurs fièvres.
Vous autres, les censeurs,
Vous craignez leur révolte,
Sombre comme un encensoir,
Forcenée, comme au forceps.

Ce sont des innocents,
Je les ai vus pleurer hier,
Jetés dans la poussière,
Presque comme des enfants.
Ils maudissaient leurs juges,
Souhaitant rébellions folles,
Et victoires éclatantes.

Eux. Les innocents.
Et vous, aveugles, intolérants,
Avocats tyranniques,
Sourds à leur adjuration,
Ne briderez pas longtemps,
Ceux qui, dans leur misère,
Guettent le changement.

Plus tard, je le sais,
Ils se soulèveront.
Leur nombre fera rage.
Masse noire inébranlable,
Qui volera vos armes
En écrasant vos sens.

Alors enfin, vous saurez.
C’étaient des innocents,
Indomptables et ignorants,
Quoique sans graves dommages.
Or, il sera trop tard
Pour, sans mal, étouffer
Leurs songes délirants,
Leurs téméraires orages.

© Stéphanie GAOU-BERNARD
Tanger [5.11.08]

Ci-dessous, les liens vous permettant de découvrir son univers. Je vous recommande en particulier la nouvelle : « Tangerine »

 

Stéphanie sur Overblog

Tangerine Part 1

Les poèmes de Stéphanie

Retiré à la demande de l’auteur

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