
J’attends…
Ils sont passés comme le flot, qui détruit tout sur son passage.
Ils sont passés comme la vague qui emporte les plages.
Ils sont passés comme la tempête, celle qui tue les poètes.
Il ne reste que les débris… De vie, de lui.
La maison des voisins qui brûle dans la nuit.
J’ai froid mais cette chaleur je fuis.
Je suis seule et j’ai douze ans, je suis seule et sans maman.
Le rouge sature mes sens, ce rouge qui vole mon enfance.
La couleur du sang et des drapeaux, la couleur du feu qui dévore la peau.
La couleur du manteau de celui que j’attends, mon sauveur, le père de tous les enfants…
Mon père, mon idole, qui gît sur le sol. Comme ses livres qui gisent à mes pieds, emplis de paix et d’amour comme il sied.
Papa qui ne se savait pas l’ennemi,
de ces hommes habillés de gris.
Comme les loups des contes et légendes, ils violaient et déchiraient la viande.
J’attends…
Il viendra ce soir ou demain, portant des cadeaux dans ses mains.
Il regardera dans ces orbites sombres où ne règne plus que l’ombre.
Les vestiges de celle que j’étais, une enfant radieuse et gaie…
Il m’apportera des yeux qui n’ont pas vu d’horreurs.
Il m’apportera un coeur pour éviter que je meure.
Nous jetterons au loin les restes noircis des souvenirs béants de cette vie.
J’attends…
Je monterai sur son traîneau, je m’y tiendrai tout au bord, pendant que nous volerons loin vers le nord.
Je montrerai mes fesses à la mort et nous rirons, toujours et encore…
J’attends…
Un photographe et un peintre de mes amis. Il est né il y a trente et un ans à Halle an der Saale, dans la DDR de jadis. Il vit maintenant à Hambourg, sur l’Elbe et non loin de la mer.
Visitez son site en cliquant sur son nom, il en vaut le détour.







26 réponses ↓
1 samantha // 14 avril, 2008 à 19:04
Eprouvant, marquant, torturant…moi qui suis tellement sensible à l’enfance et à ses souffrances !!! pfffff, j’ai la glotte…MAGNIFIQUE
2 lubesac // 14 avril, 2008 à 19:06
C’est l’espérance de l’enfant qui sauvera le monde
Homme en rouge ne déçoit pas la petite fille!
Entre horreurs et enfance, Thierry tu fais le grand jeu et tu m’as embarquée dans cette histoire.
Bravo
3 Flora Sholem // 14 avril, 2008 à 20:56
Je te trouve ici très inspiré, à la limite de la perfection. Rien de forcé.
Bravo !
4 soleildebrousse // 14 avril, 2008 à 22:07
sensible.
5 lita.s // 14 avril, 2008 à 22:48
superbe, monzami !
6 Patrick // 15 avril, 2008 à 9:59
Superbe.
De rage, de violence, de désepoir balancé à la face du monde.
Et ce rouge qui revient comme un leitmotiv de ce texte, récit, poème, pamphlet et cri de rage.
La fin est magnifique et résonne en nous. Longtemps.
Amitié.
7 tonio // 15 avril, 2008 à 11:48
tes mots s’écoulent, à fleurs de sens, déchirures sanglantes, à vif de vie, jolie justesse qui emporte la lecture jusqu’au plus près du coeur de l’histoire,. Chapeau bas Thierry !
8 edouard // 16 avril, 2008 à 11:11
superbe, fort, l’image et le texte se complètent et se confondent avec une émouvance inouïe
9 Olga // 22 avril, 2008 à 11:57
comme je ressens ce texte si dur et dans l’attente…
10 Bobby // 28 avril, 2008 à 17:37
Un beau texte sur ce que peut “apporter” l’espoir de l’enfant !
11 sara do // 12 mai, 2008 à 11:29
larmes d’or puissante
écorce de ces mots
déchirant le silence…
en larme je suis
devant ces mots là
force et respire
la vie, j’attends…
merci
kiss étoilé
sara
12 sarah frane // 24 juin, 2008 à 21:14
Très émouvant, des mots justes , l’enfance, le berceau du ressenti de toute une vie, j’en sais quelque chose, très très beau texte, merci thierry
13 tby // 25 juin, 2008 à 8:00
@sarah frane -Merci Sarah, ce poème me tient à coeur ainsi que tout ce qui a trait à l’enfance. Amitié. Thierry
14 sarah frane // 01 juillet, 2008 à 11:47
je passe te souhaiter une bonne fête ! je ne blogue pas depuis 2 jours, ai fait chute, côtes cassées, bisous
15 tby // 01 juillet, 2008 à 12:04
@sarah frane -
Les cotes cassées j’ai déjà donné et c’est très douloureux. Bonne continuation et surtout ne ris pas trop. Amitié. Thierry
16 Guardiola // 01 juillet, 2008 à 19:38
Il n’y a pas que le dernier vers qui me plaise beaucoup.
17 tby // 02 juillet, 2008 à 9:04
@Guardiola -
Merci André, je sais apprécier ce commentaire de la part d’un poète. Amitié. Thierry
18 dédé // 03 juillet, 2008 à 7:03
Bonjour Thierry,
La peinture nous dévoile une scène liée à une catastrophe. Le mur est lézardé et le sapin figé. L’enfant, attend dans une solitude pesante.
Description douloureuse et imagée de la bêtise humaine, par un texte très émouvant.
Espoir d’un enfant meurtri, au milieu du néant.
Amitié.
dédé.
19 tby // 03 juillet, 2008 à 8:55
@dédé -
Merci mon ami pour tes commentaires et ta lecture assidue.
Bien à toi.
Thierry
20 Alexandre // 08 juillet, 2008 à 21:37
Bravo pour ce texte qui m’a beaucoup ému.
J’aime vraiment ton écriture.
Amitiés,
Alexandre
21 tby // 09 juillet, 2008 à 8:29
@Alexandre -
Merci Alexandre, je suis touché de ce commentaire provenant de quelqu’un dont j’apprécie également l’écriture. Thierry
22 sarah frane // 22 juillet, 2008 à 17:03
je suis déjà venue sur ce texte, et je t’avais dit combien il m’avait pris aux tripes comme tout ce que tu écris, tu as un style bien à toi, reconnaissable, une patte ! je viens remercier “le quidam” qui mange les enfants avec de la mayonnaise, pire que l’ogre du petit poucet ! ! merci de tes visites chaleureuses, c’est bien d’avoir un bon copain, amitiés
23 Denfair harold // 26 juillet, 2008 à 10:35
Bonjour thierry tout d’abord un grand merci d’avoir eu la gentillesse de me répondre et surtout de tes propos comme ta grand mère le disait bien et à juste titre, je ne te cacherai pas que lorsque l’on est confronté à de telles situations même si la mienne n’est pas importante aux yeux de certains il y a bien des années que je ne connais pas le gout du nutella ….
en continuant sur cette métaphore je n’ai meme plus le pain pour pouvoir l’étaler …
J’espère que pour toi la vie est belle car je ne suis pas jaloux du bonheur des autres bien au contraire quand je peux aider je le fais bonne journée en famille et encore merci
24 tby // 26 juillet, 2008 à 12:06
@Denfair harold -
Salut l’ami, heureux ? Pas vraiment…
Un avenir ? Oui, il m’appartient de le créer.
Des perspectives ? Pas vraiment, à moi de les générer.
Amitié
Thierry
25 fabienne // 28 juillet, 2008 à 11:14
Bravo Thierry pour l’image qui reste de tes écrits et qui tarabuste la pensée d’un sentiment de colère sourde!
Amitiés
Fabienne
26 tby // 28 juillet, 2008 à 11:25
@fabienne -
Merci Fabienne pour ces commentaires chaleureux.
Je prends l’expression de ton amitié comme elle vient, simplement.
Amitié
Thierry
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