Random image
10 octobre, 2008

Légende

Dans le cadre du défi d’octobre : « Fée-moi rire » de la Société de la Rose : Le prince noir…

Il était une fois…
C’est un peu ringard comme phrase toute faite non ?
Un jour…
Bon ! C’est pas mieux.
Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… Ça c’est parfait !

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, quand dans les bois d’un pays de légende, le prince qu’on ne peut qualifier de charmant, terrorisait les habitants de la forêt au guidon de sa Harley Davidson, en écoutant à fond la caisse la musique d’Easy Rider.
Avec son casque prussien, ses bottes de moto et son blouson de cuir noir avec un aigle gravé sur le dos, il avait l’air d’un ange d’un genre particulier et dénotait farouchement avec son environnement.

Les créatures magnifiques se terraient à son approche, qui dans les champignons tue-mouches, qui dans les arbres vénérés, qui dans les sources sacrées. La terreur régnait en ces lieux autrefois si tranquilles.

Aux heures bénies de la pause de midi, il s’arrêtait enfin pour siroter une bière qu’il sortait des volumineuses sacoches de cuir de son fier destrier. Il rotait bruyamment en s’allongeant à l’ombre d’un vieil arbre.
Celui-ci, mécontent de cette présence pour le moins malodorante, lui adressait la parole avec ces mots :

“Prince, Ô doux prince, ne pourrais-tu aller ailleurs déguster ce divin nectar ?”

Le prince qui se nommait Gendrillon, ne se le faisait pas dire deux fois. Il posait sa bière sans un mot, se dirigeait lentement vers sa machine et en retirait un objet avec le bruit du métal que l’on frotte sur le cuir cru.
Il se retournait alors brusquement, un méchant sourire sur son laid visage et une chose oblongue dans les mains.

Les détonations du Riot-gun et son cliquetis caractéristiques lorsqu’on le recharge faisaient taire les derniers oiseaux inconscients des kilomètres à la ronde…
L’arbre s’écroulait, coupé en deux par la mitraille, dans un gémissement que n’aurait pas renié Boris Vian.

Gendrillon qui n’était pas forcément une lumière, se trouvait maintenant livré à celle-ci, car dans son élan, il avait abattu celui qui lui offrait la fraîcheur de son ombre.
Un horrible “Fais chier !” et le bruit d’une Harley partant à toute vitesse furent sa seule épitaphe.

Les créatures magiques du royaume n’en pouvaient plus. Elles se réunirent en un grand conseil, il fallait bien trouver une solution au problème de sécurité posé par le prince.

“Nous pourrions lui envoyer un dragon ?”
“Il a fini les restes du dernier au petit-déjeuner d’hier…”
“Parlons en à l’ogre ?”
“L’ogre ? Mais il attend impatiemment la livraison de sa moto américaine… Ils veulent fonder un club…”
Consternation et frissons dans l’assistance.
“Quelqu’un a-t-il une solution ?”

Seul le silence répondait à cette question quand soudain une voix se faisait entendre :

“Pourquoi ne déléguerions-nous pas nos pouvoirs et cette sainte mission à la fée Suzu qui…”
“Ouais ! Personne ne peut la blairer de toute façon et puis elle pas d’ici !”

Les plénipotentiaires de cette noble assemblée allaient sans tarder trouver la fée Suzu qui, les attendait sachant déjà ce qu’ils voulaient d’elle. On n’est pas une fée sans avoir quelques trucs en réserve…

Fée

La fée Suzu qui, espérait de cette mission une carte verte définitive, leur répondait qu’elle acceptait et se mettait en route sans attendre.

Elle était taillée pour la vitesse et n’émettait que peu de décibels pendant ses déplacements. Elle arrivait rapidement à situer Gendrillon lorsqu’elle entendait des coups de feu. Le spectacle sur les lieux était désolant. Là, gisait dans son sang une licorne et le prince était concentré sur le nettoyage d’une de ses bottes sur laquelle on pouvait voir un reste de crottin.

“Mais c’était la dernière…” Disait la fée Suzu qui, était attristée.

Gendrillon relevait la tête et la regardait d’un air avide.

“T’es pas d’ici toi ?”
“Non.”
“T’es bien roulée pour une métèque.”
“Euh… Ah… Je suis ici pour mettre fin…”
“Tiens ! Le mot est prononcé : METTRE !”

Et le prince, les yeux exorbités, de sauter sur la fée et de l’outrager gaillardement. Je vous passe les détails sordides.
Brisée, la fée Suzu qui, était allongée sur le sol pressentait qu’un grand malheur venait d’arriver.

Effectivement, neuf mois plus tard, la fée Suzu qui, mourrait en couche, donnait naissance à un magnifique garçonnet qui ressemblait trait pour trait à son père.
Il était élevé par les nains de Jar Daim, ces créatures vivaient sous la terre.
Vingt ans plus tard, apprenant que son papa était mourant, atteint d’un cancer des poumons qu’il n’avait jamais ménagé, il se rendait à son chevet.

Prince et fils

En passant près des écuries, notre garçon qui s’appelait Georges, découvrait les machines rutilantes de son père et de l’ogre. Il était sur le champs conquis !

La morale de cette histoire c’est que les chiens ne font pas des chats et que le pays de légende se vit nommer, à partir de ce moment là, la planète terre.

Celui qui a bu, boira et celui qui a cru, me croira…

Georges

FIN

Creative Commons License

Vote pour cet article

22 Commentaires

Laisser un commentaire

Nom Requis :

Email Requis :

Website

Commentaire Requis :

Notez : Les commentaires sont modérés. Il n'est donc pas nécessaire de renvoyer votre commentaire.

CommentLuv Enabled
Powered by Wordpress, Theme The Garamond by Fearless Flyer Design, modifié Tby et le thème, © 2007-2010 Thierry Benquey, vers le haut ?