
Thierry avait commencé un mur en pierre de taille dans l’étable, celui-ci allait devenir la face visible de l’estrade des chaudières. Derrière le mur se trouvait un amas considérable de gravats, le tout serait recouvert de béton par la suite.
C’est qu’il leur fallait faire vite et bien. Ils avaient signifié au propriétaire de leur appartement qu’ils partaient. Une loi de l’époque voulait que la durée du préavis soit proportionnelle à la durée d’occupation des lieux, ce qui impliquait un préavis de neuf mois pour Sabine. En juin 2000, ils se retrouveraient dehors. Le temps pressait.
Ce fut à ce moment, pendant que les couvreurs étaient au travail, que Thierry s’attaqua au petit muret, sous l’escalier, crevé par les vandales. Les briques furent vite enlevées, tellement ce lieu était humide. Il en sortit une grosse quantité de terre, mêlée à des débris divers. Il en sortit aussi un os. Il avait la particularité d’être long, fin et lourd. Ils avaient déjà sorti beaucoup de reliefs de repas pendant les travaux, des os de cochons, de volatiles, mais jamais un comme celui-là. Il lui sembla avoir trouvé un tibia de bébé et il frémit en pensant que les casseurs du mur avaient peut-être cherché tout un squelette…
- Mais c’est horrible !
- Chuuuttt !
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Bonjour Thierry,
Etonnant cette vieille tradition germanique pré-chrétienne du bébé emmuré pour en faire un protecteur du domicile. Vu les horreurs que tu décris dans le récit, à un moment j’ai crains qu’on tue un bébé pour ce faire ! Malheureusement il est vrai qu’à l’époque nombreux étaient les enfants mort-nés ou décédés pendant leur prime enfance.
Amitiés
Michel
@ Insolite85 : Bonjour Michel, n’ayant pas bien creusé la réponse de K Winter, c’est ce que j’avais cru également, ce n’est que bien plus tard qu’il me dira qu’il s’agissait d’un enfant mort de mort naturelle. Cela reste malgré tout un sacrifice si l’on croit à la vie éternelle de l’ame, fixer celle-ci à la protection d’une maison c’est lui fermer la porte vers de nouveaux horizons. A bientot et amitié. Thierry
Une âme emmurée, quelle horreur ! Des spécialistes se chargent de mettre les esprits égarés sur la voie de l’au-delà. C’est à ce prix qu’ils peuvent trouver le repos éternel. Enfin, je crois…
@ Martine : Croire c’est le mot. Pourquoi les esprits s’égarent, c’est le grand mystère.
Fleurs du Mal humain: les écrits, comme témoignage, sublimation, catharsis parfois d’un inconscient collectif détraqué…mais je m’égare !
.-= edouard son dernierblog ..CAMBRIOLAGE =-.
@ Edouard : Sourire. Je ne pense pas que tu t’égares.
Les siècles se mélangent et ce n’est pas étonnant que l’on ait du mal à comprendre ou admettre certaines pratiques
On sent les tremblements, l’émotion, le texte pourra plus facilement être relu quand le le coeur se sera calmé.. Il faudra à tout pris garder l’émotion en la la ciselant: un cristal fragile.
Un seul détail m’a choqué: ca n’existe pas les “simples” gémissements. L’adjectif enlève le bruit du sang qui passe dans les tempes du lecteur..
.-= michelDALMAZZO son dernierblog ..L’eau =-.
@ Michel : Oui, ta phrase est magnifique, ciseler l’émotion ce cristal fragile. Pour le gémissement, j’ai relu le passage et découvert de plus une répétition, le gémissement revenant une seconde fois assez rapidement. Je vais corriger. Merci.
Cet enfant attaché à une maison me fait frémir. Comme tu le dis, c’est lui bloquer l’accès vers les horizons éternel.
@ Sandrine : Quelle joie que de te voir de nouveau ici. Oui et non, je ne pense pas qu’une construction humaine puisse etre éternelle, meme si cela peut durer un sacré bout de temps.
admirable et d’une force incroyable. Petit à petit, les histoires se rejoignent et les ombres se dissipent. Ton écriture est d’une richesse et recèle de détails jubilatoires !
La suite ce sera pour demain !
@ Patrick : Merci. Tu es le bienvenu. Prends soin de toi pour la suite. Amitié. Thierry