Après quelques kilomètres en direction de l’Harz,
- Tu connais l’Harz ?
- T’es lourd… Pffff !
- C’est le cœur de l’Allemagne, il bat doucement, sereinement presque. Il est wagnérien et pourtant Walkyries et dragons n’y sont plus qu’un écho blafard.
Ils découvrirent enfin la vallée de la Schlenze. Elle s’ouvrait large tout d’abord, offrant une vue royale sur l’autre versant, les terrils encore, comme des Kilimandjaros, des Fujiyamas avec leur sommet de neige et les champs d’immensité, scarifiés d’érosion.
Un vague souvenir de moulin à vent marquait l’entrée d’un village qui se coulait sur les flancs de la colline, allant vers les fonds.
Dans ce pays, les villages sont rares sur le plateau, très rares. Tu les découvres au fond des vallées, suivant l’eau qui donne la vie, fuyant le vent qui la prend. Là sont les arbres et les gens.
Ils traversèrent Polleben, avec ses crépis gris sales, ses toitures disparates, ses ruines. Ici vibraient le monochrome et la tristesse. Oh, il y avait bien une touche de jaune pâle ici, un turquoise là, comme si quelqu’un voulait souligner l’importance de la grisaille. De puissantes constructions en maçonnerie massive, vestiges d’un âge d’or improbable, cherchaient à ancrer l’agglomération dans l’Histoire.
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Image – Volkstedt-Halde-Fortschrittschacht – Con2tto – 30/05/2008 – Licence :













Superbe. Road-movie dans des paysages superbes, entre imaginaire et réel, écrit dans une langue magnifique, tout en pudeur, en nuances et engorgée de poèsie. L’émotion est à fleur de peau, elle est bercée par une douce mélancolie, celle des départs ou des arrivées.
Et l’on comprend, parvenu à la fin, que c’est de toi que tu parles, que c’est “vous” que tu mets en scène.
Grandiose et bouleversant…
Amitié,
PAt
@ Pat : … Ému, je suis ému. Oui, c’est nous, notre monde qui est aussi votre monde et qui va nous réserver de droles de surprises.
Je commente ici ce que j’avais cru deviner dans le début déjà (mais je ne pensais pas que tu mettrais vos prénoms)
J’aime beaucoup ce texte où le point de vue du conteur se rajoute en itallique à l’histoire, la note d’humour qui s’en dégage et parfois les explications complémentaires quand il se met à la place du lecteur
Et j’aime beaucoup ce temps qui avance et recule, l’Histoire qui se mélange à ton histoire…
Je continue
@ Pandora : Merci. Si j’ai mis nos prénoms c’est que c’est plus facile d’une part et aussi et surtout que cette histoire nous appartient, nous sommes l’histoire en quelque sorte. Amitié. Thierry
Et il a beaucoup d’imagination, ce Thierry. Il concrétise aussi…
.-= edouard son dernierblog ..PETITE MORT =-.
Je continue…
Le décor se plante petit à petit. On comprend à la fin de ce texte qu’on rentre à pas feutrés dans votre monde, Notre Monde, celui de tout un chacun, peut-être… On est heureux d’y avoir été invité et paradoxalement, on a un peu peur de déranger… L’écriture apparait comme un murmure, comme une confidence… Sommes-nous dignes de la recevoir ? Je poursuis…
@ Martine : Oui, un murmure. C’est moi qui ai peur de déranger.
Tableau de ce coeur de l’Allemagne en décalages de temps!Description en touches précises comme l’auteur voit les paysages. De ces lieux sortent des gens de diverses époques.Ton sens aigû de l’observation , Thierry nous fait vraiment partager tes vues.
Tout celà avec des touches poétiques…
Je comprend que ce n’est pas notre monde à tous mais le “notre monde” de toi et des tiens.
@ Lubesac : Oui Lucette, c’est vrai pour cette première partie que notre monde est celui des miens.
oh ! je ne fais aucun bruit en marchant avec vous, j’ouvre yeux et oreilles dans ce Harz (en plein juillet, nous avions décampé de cette région, il y neigeait ! c’était il y a… als ich eine Berlinerin war !), tu nous traces un chemin tout en propositions, jamais autoritaire, je marche, je marche…
.-= emmanuelle grangé son dernierblog .."une chambre à soi", inventaire de tiroir =-.
@ Emmanuelle : Oui, c’est la bonne attitude, marche, fais des pauses si nécessaire mais jamais trop longue et surtout regarde bien où tu poses les pieds, mais je peux t’assurer que tu en ressortiras indemne.
C’est magique, cette écriture qui jongle dans les dimensions temporelles, il m’arrive souvent dans les lieux chargés d’histoires d’imaginer, de voir ceux qui ont vécu là.
Je retrouve ici cette sensation, grâce à tes mots, et j’en ai des frissons à fleur de peau !
Tu me donnes envie d’Histoire…..de voyage….et de continuer à te lire.
Merci.
Bises.
.-= Lyam son dernierblog ..Conte grivois de La Fontaine =-.
@ Lyam : Mon amie, tu me vois très honoré de ta lecture et de ton passage ici. Par contre, je ne suis pas sur et certain que cette lecture soit bonne pour toi, pas maintenant, avec ce pont entre les réalités qui se trouve dans ton ventre. À toi de voir. Je t’embrasse. Thierry
le trouble de l’espace-temps se coule à merveille dans ce récit qui s’ancre dans le réel tout en gardant une part de rêve. (je me fais comprendre où j’ai été embarquée dans une parenthèse temporelle?)
.-= Sandrine Virbel son dernierblog ..paroles sous le baobab… Amadou Hampâté Bâ. =-.
@ Sandrine : Oui, tu te fais comprendre.
un ton d’épopée!
.-= michelDALMAZZO son dernierblog ..L’eau =-.
Bonsoir Thierry,
La vallée de la Schlenze avec ses terrils, ressemble beaucoup à celle de la Moselle, où j’ai passé ma petite enfance.
Je voyais le Kilimandjaro, dépasser de la forêt.
Sa cîme atteignait 110 mètres, et il m’arrivait de la gravir.
Comme toute les régions minières, le monochrome enveloppe cette étendue, chargée de tristesse.
Ce paysage austère devient beau, par la magie de tes mots.
Tu jongles avec l’espace et le temps, en toute liberté.
Ce monde que tu dépeins est le nôtre, ainsi qu’à tous ceux qui désirent le rejoindre.
Amitié.
dédé.
.-= dédé son dernierblog ..UN FROID DE CANARD =-.
@ Dédé : Je suis très heureux de pouvoir de nouveau te lire chez moi mon ami. Oui, cette monochromie est particulière aux terres de terrils, comme si ils l’avaient ramené de dessous la terre, la où la lumière ne provient que des lampes. Tu t’attaques là à un sacré morceau mon ami. J’espère que tu vas bien. Amitié. THierry
salut thierry,
hapé par l’histoire et ayant compris les procédés narratifs et l’utilisation du temps, je continue cette histoire…
toujours de si belles phrases….
@ Yannick : Et je me réjouis mon ami de ta visite. Merci.
Même si cela m’a déroutée … au début .. ces vagues qui ramènent .. des événements d’une autre époque .. dessine un rouleau qui .. reprojette l’avenir … comme si la mer voulait laisser découvrir ses trésors sous marins …
j’apprécie toujours autant … ta narration .. qui me permet de visualiser aussitôt le paysage.. les bâtis.. les bruits …les scènes de vie …
et de ne pas être la seule ..à savoir d’emblée .. rien qu’à nos ressentis les plus viscéraux .. qu’une maison est la nôtre!
sourire
Odile
@ Odile : Bonjour Odile, tu t’attaques sans peur au gros morceaux, je t’en suis reconnaissant. Une belle journée, ici avec du soleil mais très frais. Sourire Thierry