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28 janvier, 2010

Polleben

Elle lui confia qu’elle avait pensé de même, malgré l’aspect désolant des lieux qui lui rappelaient les colonies de vacances de feu la RDA.

- C’est marrant qu’il porte ton prénom ?
- Oui, c’est ainsi.
- Tu l’as connu ?
- J’ai vu son dos alors qu’il partait un jour de fureur.
- Et Sabine ?
- Elle est resté un temps à mes côtés et puis elle est partie, elle aussi.
- Raconte moi un peu ces deux là.
- Thierry était un homme étrange, avec le même sens que les sioux emploient le mot wakan. Shunka wakan, le cheval est pour les sioux le chien étrange ou encore mystérieux, mni wakan, l’alcool est l’eau étrange, wakan tanka que nous traduisons par Dieu, c’est le grand mystère. Les fous sont wakan, les berdaches aussi.
- Berdaches ?
- Nés hommes, vivant femmes et réciproquement.
Il avait passé une grande partie de sa vie à se détruire et mieux, il prétendait croire que les drogues l’avaient protégé. Il n’aurait su dire de quoi, ni pourquoi… « Cela est ! » pensait-il.
Oh, il en pensait des choses bizarres, on pouvait croire qu’il était fou, wakan que je te disais… Ou bien l’était-il ? Que les doses massives des produits les plus divers lui avaient lavé le cerveau, délavé, devrais-je dire.
Tiens ! Il croyait être une âme très ancienne ayant déjà accompli maints et maints voyages sur la Terre.

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Image – La tour de Polleben – Clocher d’une église – Pomfuttge – 27/12/09 – Licence :

Licence Creative commons bysa

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24 Commentaires
  • callivero dit :

    Et bien voilà quelque chose qui promet…Merci Thierry, j’aime beaucoup prendre ta machine à remonter l’espace et le temps.
    .-= callivero son dernierblog ..Heureux =-.

  • Pat dit :

    magnifique, douloureux, nostalgique et d’une grande force. lucide aussi. triste et déchirant.
    Tu t’inquiétais, dans l’avant-propos, du côté bancal que pouvait avoir ce texte. Aucunement.
    Tu avais peur que le lecteur soit troublé, se perde. Impossible.
    je me suis laissé porter par tes mots, leur musique, le sens caché, ce que tu voulais écrire et ce que tu voulais que nous devinions.
    J’attends la suite. avec impatience et surtout avec un grand respect pour cette oeuvre, riche et multiple.
    Amitié,
    PAT

  • Pandora dit :

    J’aime toujours autant ^^
    Je n’en dirai pas plus après Pat

    J’ai vu au passage que la liste avait repris, Une double occasion pour moi de venir te relire donc, découvrir la suite de Notre Monde et poursuivre ma lecture de la liste
    A bientôt
    Amitié

    • tby dit :

      @ Pandora : Merci de ta lecture mon amie et pour la liste, la porte est grande ouverte. Pat dit toujours que de ne pas écrire, c’est écrire et effectivement, entre “Notre monde” et “La liste”, je n’arrive plus à retenir les mots. Bonne journée. Thierry

  • edouard dit :

    On ne doit pas s’ennuyer à tes côtés, Thierry !
    .-= edouard son dernierblog ..PETITE MORT =-.

  • seb dit :

    Le moulin…c’etait ton moulin? Celui qui…?

  • Martine dit :

    Je ne suis rien de plus qu’une amoureuse des mots et je me laisse porter par ton histoire. La structure ne déstabilise en rien le lecteur et alors qu’il s’agit d’une forme ordinaire de discours qui n’est pas assujettie aux règles prosodiques ou rythmiques, on ressent quand même la grande sensibilité qui caractérise souvent les textes de pure poésie. Pat, plus haut, parlait de musique. Un bel exercice d’auteur… Je continue.

  • lubesac dit :

    Je retrouve l’athmosphère de cette maison que j’avais déjà côtoyée il y a déjà quelque temps!
    Reprendrais-tu l’histoire?

    • tby dit :

      @ Lubesac : Je la reprends oui, j’avais déjà écrit une version light dans “qui suis-je” qui racontait ma vie mais je trouvais cela un peu court aussi j’ai décidé de reprendre la partie moulin qui se doit d’etre un témoignage et pour certains un avertissement.

  • comment vivre avec l’Histoire, avec son histoire ?… sans doute en dépassant son nombril, ce que tu fais. émue, très.
    signé : Thusnelda, une Chérusque.
    .-= emmanuelle grangé son dernierblog .."une chambre à soi", inventaire de tiroir =-.

  • On sent la pesanteur des lieux qui suinte entre chaque pierre même si les protagonistes pensent bien fouler le sol de leur paradis. Sensation de malaise pour ma part même si j’ai très envie de poursuivre ma lecture…
    .-= Sandrine Virbel son dernierblog ..paroles sous le baobab… Amadou Hampâté Bâ. =-.

    • tby dit :

      @ Sandrine : Je comprends pour la sensation de malaise, c’est bien ce que j’évoque dans l’avant-propos. Je me fais peur moi meme en plubliant ceci.

  • La légende et la saga, aurais-je du dire préédemment.

    J’ai été surpris par le choix du mot “puissance”, probablement le mot “magie” était trop connoté et “atmosphère” trop faible…
    L’envoutement prend dans tous les cas.
    .-= michelDALMAZZO son dernierblog ..L’eau =-.

    • tby dit :

      @ Michel : Il émanait de ce lieu quelque chose de beau, fort mais aussi malsain. Nous fumes subjugué, d’où la puissance. Amitié. Thierry

  • yannick dit :

    je suis avec plaisir l’installation des deux amoureux dans un paysage qui m’est étranger mais si bien montré avec tes mots. j’ai toujours pensé qu’il faut écouter les wakans, qu’ils perçoivent des choses que le commun des mortels ne peut voir. un psychologue me disait d’ailleurs qu’il pensait que les wakans devaient ramener des visions des autres mondes qu’ils visitaient en pensée et les exposer aux non-wakans pour qu’ils comprennent certaines choses, notamment par l’art. je suis sur aussi que beaucoup d’artistes sont wakans.
    étant fan d’histoire et de géographie, j’aime les disgressions du narrateur et du lecteur en italique. des gitans chez les germains, je fonce…

    • tby dit :

      @ Yannick : Étonnant de la part d’un psychologue. Enfin je crois. Oui, ils sont les explorateurs du monde, des mondes si l’on accepte l’idée qu’il existe autant de mondes que de perceptions de la réalité. Réduit à l’humanité, bientot 7 milliards.

  • dede dit :

    Bonsoir Thierry,

    Me revoici de retour dans “Notre monde” que j’avais abandonné depuis trop longtemps.
    Je suis donc, si je puis dire, un revenant!
    J’y retrouve l’amour que porte l’auteur, pour les tribus indiennes et gitanes.

    Je rentre à pas de loup dans l’étable. Le losange de briques de verre qui diffuse la clarté du jour, me fascine.
    Ce retour dans le temps est délicieusement décrit.
    La traçabilité d’Amadeus le taureau, ainsi que de “Tina” la vache, est inscrite au-dessus de la mangeoire.
    Le lieu rêvé des amoureux, laisse suinter une ambiance troublante.
    Je retrouve toute la poésie de l’auteur.
    Amitié.
    dédé.

    • tby dit :

      @ Dédé : Bonjour Dédé. Je souris et tu comprendras pourquoi en poursuivant la lecture, à l’expression “à pas de loup”, sans négliger l’aspect que cette expression bien choisie peut aussi faire référence à une image bien connue des gitans, on ne rentre pas dans une étable sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller les animaux ? Rire, bon voyage, meme si certains de ses aspects seront difficiles. Merci de ton passage mon ami. THierry

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