Une porte qui devait avoir séparé la maison en deux parties avait disparu et ils dépassèrent un autre lieu d’aisance qui se trouvait sous un escalier cloisonné menant à l’étage.
Il pénétrèrent dans deux chambres communicantes que l’on pouvait chauffer avec un poêle de masse, la faïence était jaune cette fois. Il avait la particularité d’être inséré dans le mur et de pouvoir ainsi apporter sa chaleur aux deux pièces simultanément. On pouvait d’ailleurs l’approvisionner des deux côtés. Du fait de sa taille réduite et de sa position originale, il était parfaitement adapté.
La pièce du fond était tapissée et particulièrement humide, elle se trouvait à l’ombre des arbres et en contact direct avec la colline et là où le papier peint se décollait, on pouvait voir de vieux journaux de toutes les époques, de la Prusse impériale en passant par la première guerre mondiale, la République de Weimar et le troisième Reich pour arriver enfin à la propagande communiste de la RDA.
Ceci amusa beaucoup nos amis. Radecke leur confia que l’habitation était devenue une Zweifamilienhaus, une maison pour deux familles, sous les rouges.
On avait accueilli beaucoup de réfugiés à l’époque et la reconstruction sera beaucoup plus lente que de l’autre côté, drüben comme ils disent.
Le couloir aboutissait sur une magnifique porte en chêne massif qui devait avoir fait la fierté des maîtres des lieux.
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Image -Russland, zerlumpte Sinti und Roma-Kinder im Schlamm – Deutsches Bundesarchiv – 04/1944 – Friedmann – Licence :













La fin de cette partie est exempte de tout commentaire. Mieux vaut laisser place à l’émotion silencieuse qu’elle suscite…
La description des lieux est si réaliste que j’en ressentirais presque les odeurs de mousse, de salpêtre et de poussière… C’est très beau, Thierry, je continue…
@ Martine : Merci.
Je me souviens de cet endroit mauvais et du massacre.Intéressante cette façon de mettre deux époques différentes en parallèle
mein Gott…
.-= emmanuelle grangé son dernierblog .."une chambre à soi", inventaire de tiroir =-.
toujours aussi prenant mais j’ai eu un peu de mal avec la transition entre “le présent” et “le passé” en fin de texte. Je ne saurais pas dire pourquoi pour autant…
.-= Sandrine Virbel son dernierblog ..Le Potager du Bois, une nouvelle AMAP se développe dans le 94 =-.
@ Sandrine : Oui, je ne saurais dire pourquoi également. L’irruption du passé dans le présent est finalement une constante, il suffit de voir un monument aux morts pour s’en persuader. Ce que nous appelons souvenirs, sont-ils des informations stockées ou des résurgences ? Amitié.
comme je te l’ai déjà dit, tu as vraiment un grand talent car pour moi, tu écris comme un bon livre que j’aurais pu acheter à la librairie. ton style est limpide sur la description de la maison mais toujours tu sais remettre à la surface un petit détail qui fait la différence. la visite de la maison est très bien, je m’y croyais…
j’arrive à très bien suivre les deux histoires en même temps…
@ Yannick : Voilà un commentaire qui me comble de plaisir, aussi bien pour le bon livre de la librairie que pour la possibilité de suivre les deux histoires.
La maison se dévoile et tes descriptions, précises et limpides, plonge le lecteur dans une visite plus vraie que nature. Nous y sommes ! L’irruption du passé apporte une belle émotion, entre étrangeté et ancrage dans le passé. les murs parlent…
@ Patrick : Ah, voilà qui me fait plaisir pour les descriptions, elles sont un point faible, j’en fais rarement et essaye toujours de les réduire au maximum, deux raisons pour cela : la première, c’est le traumatisme scolaire vécu avec Balzac, rire, la seconde, c’est que j’aime laisser le plus d’espace possible au lecteur. Elles s’imposent parfois et je les finis en sueur. Sourire.