
L’enfant joue, passionné et joyeux.
Il entend et il sent, à sa façon, occulte,
Tout ce que disent ou crient les adultes.
Il quitte son cocon doux et soyeux,
Pour revêtir une armure étincelante,
Peau de dragon aux écailles multicolores.
Sous les cris, elles tombent de son corps,
Elles s’en vont, à petits pas, chancelantes.
Il les ramasse et les jette aux visages,
Comme une pluie d’arcs-en-ciel,
Comme des châteaux de miel,
Des guerriers redoutables du secret passage
Il est dévêtu par les brèves exigences :
Il doit ranger sa chambre,
Oublier son collier d’ambre,
Obéir à l’instant à cette cruelle engeance.
Les larmes de l’enfant roulent sur ses joues.
Il voudrait pourtant rester petit,
Comme un oiseau dans son nid,
Ne pas se soucier, si ce n’est des cailloux.
Dans une révolte théâtrale,
Il lève la petite main
Sur qui lui donne le pain.
Ses fesses lui font mal.
L’ordre doit régner dans ce décor Ikea,
Là où les trois suisses renient la papauté,
Là où l’enfance se doit d’être dressée,
Là où la Redoute n’abrite plus de soldats.
« Ne pleure pas! Ecoute, mon petit.
Ce soir, viens nous visiter ta mamie. »
L’horreur ne fait que commencer,
Il faudra certainement l’embrasser.
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Image – Illustration by Arthur Rackham (1867 – 1939) to Richard Wagner’s Siegfried. – licence :















Qu’il fait bon s’attarder sur ta poésie à deux écus d’or. l’or qui parle au coeur, aux zygomatiques, et aux flashbacks pour décor; bravo l’artiste.
C’est dur de devenir grand.!
Je donnerais bien deux écus pour retrouver la petite enfance!
Tu es très dur pour les mamies!
J’aime ta façon d’écrire
Il jette ses écailles….
Se souvenir, de nous, pour eux …
Le conditionnement commence bien tôt, tu as raison! Apprendre à rentrer dans le rang!
Amicalement
Fabienne
@fabienne -
Je profite d une pause forcée pour te répondre Fabienne et je me rends compte tout le mal que j’ai avec le clavier français après 12 ans en Allemagne…
Merci de ta lecture.
Thierry
Bonjour Thierry,
La mutation de l’enfant en futur consommateur conditionné pour embrasser la vie des grands, est toujours un passage difficile. L’écriture est un peu surréaliste, avec des jeux de mots employant les noms de la grande disbution .
Amitié.
dédé.
J’aime bien les deux dernières lignes, elles sont bien trouvées !
Jojo D.´s last blog ..Patrimoines
@ Jojo : Merci de la visite et des compliments. THierry