Quelque part au Moyen-Orient. Tableau 3

Omar…
Odeurs, couleurs, il a fermé ses sens.
Des cris bariolés, des visages, des enfants perlent sur son visage comme sur une toile
huilée …
Au loin, des ombres…
Ils singent l’ignorance, d’autres la transparence …
Ils s’agitent, menacent, tentent de vivre.
Il effectue ses gestes comme dans un rêve, un sursis, une trêve.
Il a quitté les infidèles pour son rendez-vous avec l’ultime.
Ça klaxonne, ça pue, ça crisse.
La place se transforme en une veillée mortuaire.
Je suis mort, tu es triste, elle souffre.
Il est meurtri, nous sommes les justes, vous êtes les pleureuses, ils sont le Mal !
Le tombeau du marché.
Depuis peu, le hurlement des hélicos, pleure les camarades déchiquetés.
Ali, je dois retrouver Ali, l’échoppe aux chaussures.
Ali ? Ali ?
Ali est en retard, il ne va quand même pas me faire rater ma dernière représentation en ce monde pitoyable. Peut-être ? Il s’est fait arrêté ? Aurais-je le courage, la force, la foi pour un autre jour ?
Aliii ???
Et puis je le vois. Il me fait un signe discret de la main. Je lis en ses yeux un soupçon d’admiration. Il m’aide à endosser le sac. C’est lourd la mort.
Furtivement, il me glisse dans la main l’objet du jugement, cette petite chose sombre qui m’ouvrira la porte du paradis, qui leur ouvrira les vannes de l’enfer.
Je suis prêt ! Je croise le regard de Kay, ses yeux bleus sans compassion me glacent le sang, puis la haine monte en moi.
Alla…
BOUM !

Je m’évapore, ils tombent …
Les étals volent dans les airs, les membres, les déchirures, Ali aussi…
Les sons anéantis…
La paix dans mon coeur…
La sérénité de mon âme…
Le feu, la douceur…
Rouge et noir sont les seules couleurs !
Je pense à ma fille et mes petits-enfants, anéantis par ce monstre furtif, cherchant à éradiquer un autre monstre nommé Saddam.
Dans ma maison… Ma maison, mon refuge, en un instant la tombe de ces êtres aimés.
Mon cri retentit encore et toujours, quand rentrant du travail, sans comprendre, je vois ma femme en larmes près de cette montagne obscène qui fut ma fierté, mon domicile.
Ce cri qui forge ma haine.
La douceur… La volupté…
Et puis…
BOUM !
Je pense à ma fille…
BOUM !
Je pense à ma fille…
BOUM !
Je pense à ma fille…
Texte - 2007 - Licence :
Image bombardier - U.S. Marine Corps photo by Cpl. Robert R. Attebury - 2005 - licence :

Image attentat -
Work of the U.S. federal government - licence :






Bonjour Thierry,
Le fou de dieu sème la mort pour atteindre le “paradis” des martyres.
Le texte est d’une réalité bouleversante, en dénonçant un fanatisme ravageur.
Les images sont fortes et de couleur noire ensanglantée.
Amitié.
dédé.
@dédé -
Bonjour mon ami, oui, le fanatisme est terrible et mon texte qui est une de mes meilleures créations est la preuve, en toute modestie, que l’on ne peut pas combattre le terrorisme comme le fait W, mais qu’il prendre le problème à la racine.
Amitié
Thierry
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