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14 septembre, 2009

vatea

Le voyage, de Morlaix à Groix et retour, un joli tour avec le Vatea, dériveur intégral acier de 11 mètres 59 (voire moins dans les ports)…


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Le port de Morlaix, bien abrité, un des moins chers de France, seul problème : l’écluse.


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Premier et second jour passé à Batz, notre mouillage préféré qui est protégé sauf des vents de Suet (Sud-Est)…


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Une journée de navigation jusqu’à l’Aber-Vrach, lieu d’attente pour les conditions favorable de passage du chenal du Four. L’image est vieille, la capacité du port a été quintuplée et le lieu aménagé. Pour les non-naviguants, les Abers sont des rivières qui offrent un abri sûr aux marins, sauf par fort vent et houle de Noroît (Nord-Ouest) pour l’Aber-Vrach et ce malgré le brise-lame.


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Départ dès le lendemain pour passer le Four, destination : Camaret. Pourquoi cette précipitation ? Simple, la pétole aidant, nous n’avons qu’a nous précoccuper du courant et en arrivant à l’entrée du chenal à l’étale de pleine mer, nous allons filer au moins cinq noeuds. La carte vous montre la taille du passage, l’Aber-Vrach se trouve au-dessus de Landéda et Camaret est indiqué.

(Pétole: Absence de vent.
Étale : de pleine mer ou de basse mer, c’est l’instant où il ne se passe plus grand chose sur les eaux, elles restent hautes ou basses un moment, ce qui explique le décalage des heures de marées et l’absence de courants.
Noeuds : Unité de mesure de la vitesse. Un noeud est égal à un mile nautique par heure, soit 1852 mètres.)


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Le plus beau mouillage du voyage, en mer d’Iroise et à quelques miles de Morgat sur la presqu’île de Crozon. Vent annoncé de Nord passant à Nordet (Nord-Est), mouillage de beau temps et bien protégé.


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Les conditions sont idéales pour passer le ras de Sein. Réveillés à 04h30 par le capitaine afin de pouvoir partir vers 05h00. Mauvaise surprise au lever du jour, la brume a remplacé la nuit… Par chance, elle se lève pour le passage et le redoutable Raz de Sein avec ses courants pouvant atteindre 6 noeuds se révèle un véritable ami, plein de douceur et de compassion. Nous restons prudents, la baie des Trépassés est non loin et la tourelle de la Plate et le phare de la Vieille nous laissent croire qu’ils avancent avec leur vague d’étrave.


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À Audierne, en pays Bigouden, nous nous remettrons de nos émotions. Le port est une agréable surprise, il se trouve en centre ville.


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Nous quittons Audierne pour passer la pointe de Penmarch qui si elle est moins terrifiante que le Raz de Sein, laisse voir une trentaine d’épaves dans ses parages sur les cartes marines. Destination Loctudy.


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De Loctudy, nous irons rencontrer des amis dans un haut-lieu de la navigation sportive : la Forêt-Fouesnant, même si le vrai but de notre visite de cette région se trouve un peu plus au large : l’archipel des Glénans…


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Enfin nous y sommes… Déception totale car nous sommes arrivés le 15 Août et les îles sont bondées comme sur la côte d’Azur. Nous mouillons à Saint-Nicolas, enfin nous y prenons un coffre. Le lendemain matin, on frappe à notre coque. 13 Euros M’sieur, Dames. C’est le prix du rêve pour un bateau de presque 12 mètres en ces lieux. L’île en question :


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Nous larguons l’haussière pour aller vers des rivages plus cléments et mouillons devant l’île du Loc’h. Enfin… C’est lundi, la plupart sont partis et nous profitons de l’archipel dans toute sa splendeur.


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Et pour vous donner envie, une vue de l’archipel :


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Nous partons pour Groix, une île qui se trouve en face de Lorient.


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La météo se détériore, nous tentons le port : plein… Nous choisissons un mouillage qui nous semble favorable… Vent frais de Suroit (Sud-Ouest) et forte houle sont au programme. Une nuit atroce, au matin les visages sont défigurés par le malaise. La houle de Suroit rebondit sur la côte continentale pour devenir une houle de Noroit. Vite le port… Au petit matin, nous suivons un bateau immatriculé à Concarneau. Il hésite à passer derrière la grosse vedette qui débarque passagers et véhicules. Notre capitaine tente et le gars du port lui indique une place, tout en faisant signe au bateau suivant que le port est plein… La différence entre un capitaine qui a grandi au Francs-Moisins dans la Seine-Saint-Denis et un autre qui a grandi à Concarneau… Nous passerons du bon temps avec le festival du cinéma insulaire et un bon tour de vélocipède.


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Il est temps de penser au retour… Cap sur Concarneau. Bon vent de force 4 avec rafale à 5 qui nous permet de faire la route avec plaisir.


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Concarneau, la ville close est belle, le reste moins…


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La météo se complique encore, les conditions sont anticycloniques mais des fronts sont en marche. On annonce de forts vents d’Ouest, nous filons à Sainte-Marine, sur la rivière de l’Odet.


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Dégradation des conditions météorologiques, nous cherchons refuge dans la rivière et posons l’ancre dans un endroit merveilleux.


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Retour à sainte-Marine puis passage éclair à Bénodet, nous y retrouverons deux allemandes de mon coin qui ont fait les nounous pour les enfants du capitaine, irons y chercher du gaz pour la cambuse et surtout Charlotte et son cousin sont malades, docteur et antibiotique au programme. Charlotte : début d’angine et Olo : mauvaise bronchite. Ahhh, les baignades en Bretagne… Du coup baignades interdites !
Pour moi et le capitaine, marche à pied du port au deuxième rond-point de la carte avec bouteilles de gaz vides et retour avec pleines…


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Une accalmie ! Cap sur Audierne sans repasser par la case Glénans. Bloqués à Audierne par un coup de vent. Houle d’Ouest de 5 mètres le premier jour, impossible d’envisager le passage du Raz. Elle se réduit progressivement pour passer à 2,50 mètres le jour de notre départ. Une chance, elle est convenablement espacée.


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Grosse navigation au programme : Audierne – Camaret. Nous nous mettons en route pour arriver deux heures avant l’étale de basse mer au Raz de Sein, nous sommes en mortes-eaux et le courant ne sera pas trop violent. Le vent de Noroît explique ce choix, vent contre courant soulève une mer d’une violence inouie en ces lieux.
Le capitaine appelle le sémaphore car la houle est sévère en sortie de rivière. La description qu’il fait du passage est terrifiante. Le capitaine ordonne de faire demi-tour, puis il nous demande notre avis. Le cap est mis sur Audierne mais nous décidons de tenter le passage. Nous avons perdu plus d’une heure sur notre plan d’origine. Le temps d’arriver au Raz qui se trouve à 18 miles d’Audierne, le vent est tombé. Le passage se fait dans de bonnes conditions car la houle est aplatie par le courant. Nous arrivons à Camaret vers 21 heures. Épuisés mais passés… Le port de Camaret, les places visiteurs sont à l’entrée.

(Mortes-eaux et vives-eaux : Le coefficient de marée le plus bas est de 20, le plus haut de 120. Un coefficient de 45 est dit de mortes-eaux moyenne et un coefficient de 95 de vives-eaux moyennes. Ce coefficient détermine le marnage, c’est à dire la différence de hauteur d’eau entre marée basse et haute. Plus le coefficient est élevé, plus cette différence sera importante et inversement. En morte-eaux, les courants sont moins forts car les masses d’eau déplacée sont moins importantes.)


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Le lendemain matin, les dieux sont avec nous et les conditions pour un passage du Four sont excellentes. Vent d’Ouest de force 5 avec rafale à 6 le matin passant Noroît l’aprés-midi en forcissant. Nous mettons les voiles direction l’Aber-Vrach.
La météo se confirme sauf la force du vent, nous enregistrons un vent force 6 avec rafale à 8 et c’est avec peu de toile que nous atterissons près des bateaux du Père Jawen, rompus mais heureux de notre pointe à 9,3 noeuds.


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Un coup de vent est annoncé avec rafale force 9, nous quittons l’Aber-Vrach pour Batz, nous effectuons le voyage en un temps record à 7 noeuds de moyenne. Nous nous rendons à notre mouillage préféré mais le vent est Suet (Sud-Est) et nous devons rentrer dans la baie de Morlaix. Nous mouillerons à l’Est de Carantec. Dernière nuit à bord.


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Au matin, nous mettons le cap vers Morlaix, la mer déferle dans la baie alors que nous sommes à l’entrée de la rivière. Nous naviguons au moteur et le bateau gite sous les rafales. Le coup de vent s’installe et nous sommes heureux de rentrer. La fureur des éléments prendra toute son ampleur alors que nous sommes à l’intérieur des terres. Nous l’avons échappé belle.

A bientôt.
Thierry

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